Rénovation de cinéma à Paris : l'Élysées Lincoln par Louis Denavaut
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Cinema facade and illuminated marquee in Paris, with LED band, bare bulbs and brass cladding. Cinema entrance with a bespoke neon sign, leading to the projection booth and Le Studio. Cinema foyer with brass and mahogany stair, bespoke signage for the L'Audito auditorium. Cinema circulation with bespoke carpet, a brass stair and a curved handrail. Le Studio auditorium, forty-two velvet seats, red and plum chevrons, original plaster ceiling. Tablet-arm cinema seats in Le Studio, with a chevron wall, opal sconces and geometric carpet. Bespoke cinema seat in monogrammed raspberry velvet, swivel tablet, wide cushioned seat. L'Audito auditorium, screen and acoustic treatment, ivy green on harlequin diamonds, perforated ceiling. Wide view of an art-house auditorium, with deep tiers, round ceiling lights and gilded numbering. Acoustic treatment and speakers in L'Audito, with fluted glass sconces and a mahogany dado. Green velvet cinema seats in L'Audito, with gilded numbering and bespoke foliage carpet. Detail of a cinema seat and mahogany panelling, with a brass reveal and foliage carpet. Cinema stair lined in green velvet, with a fluted sconce and timber handrail. Le Club, a private-hire auditorium with a velvet arch, engraved signature, terracotta seats and round speakers. Le Club, a modular auditorium for private hire, with a backlit disc wall and fluted side tables. Screen and velvet curtain in Le Club modular room, with oval ceiling lights and deep red floor and walls. Lounge layout for cocktail screenings, with movable beige armchairs, side tables and a burgundy curtain. Modular velvet cinema benches, with a hammered red glass ceiling and a light wall. Backlit acoustic wall, a nod to Verner Panton, with bespoke backlit discs. Le Club event auditorium seen through the arch, with brushed brass and red velvet. Arched cinema circulation in salmon pink, with a fluted ceiling, round speakers and access to the rooms. Cinema stair with floral carpet and brass nosings, a red LED line and lacquered panelling. Red lacquered cinema restrooms, with fluted tile, panelled doors and mirrors.
Date

2025

Lieu

14 rue Lincoln, Paris 8e

Salles

Le Studio, L'Audito, Le Club

Client

Groupe Multiciné, Samuel et Louis Merle

Nature

Rénovation complète d'un cinéma indépendant ouvert en 1968

Mission

Direction artistique et architecture intérieure, Louis Denavaut avec Alain Balzac, associé sur le projet (ABFM)

Photos

Depasquale + Maffini

About This Project

Rouvrir plutôt que vendre : sur les Champs-Élysées, l’Élysées Lincoln repart de zéro.

Ouvert en 1968 par leur grand-père, le cinéma est repris par Samuel et Louis Merle, à la tête du groupe Multiciné. Autour d’eux, les salles historiques de l’avenue ferment une à une. Plutôt que de céder les murs, ils choisissent de tout refaire. Deux années passées à visiter les cinémas les plus inventifs d’Europe, de l’Everyman londonien aux salles nordiques, donnent la mesure du projet : un lieu hybride, capable de tenir son économie par la programmation autant que par l’évènement.

Louis Denavaut en assure la direction artistique et l’architecture intérieure, en association avec Alain Balzac, associé sur le projet au sein de l’agence ABFM. La réhabilitation est lourde. Structure, acoustique, climatisation, électricité : tout est repris dans un immeuble qui n’avait rien prévu de tel. Les plafonds en staff d’origine, précieux pour leur comportement acoustique, sont conservés. L’ensemble est mené dans un délai que peu de chantiers de cette ampleur autorisent.

L’écriture assume le mélange. Les années soixante-dix et Verner Panton d’un côté, l’hôtel particulier de la Païva, à deux pas sur l’avenue, de l’autre. Dehors, la marquise retrouve ses ampoules et reçoit un bandeau à LED, les poteaux de vitrine sont habillés de laiton. Dedans, moquettes fleuries, boiseries d’acajou, laiton brossé et verre cannelé composent une entrée qui tient à la fois du cinéma américain et du speakeasy.

Chaque salle a son climat et son nom. Le Studio aligne quarante-deux fauteuils de velours framboise à tablette devant un mur de chevrons rouge, prune et rose poudré. L’Audito, lierre vert sur losanges d’arlequin, rejoue la Belle Époque. Le Club est entièrement modulable : arches, ronds, mur de disques rétroéclairés, banquettes de velours terracotta qui se déplacent pour laisser place aux projections-cocktails.

Le projet tient autant du manifeste que de la rénovation. Il démontre qu’une salle indépendante peut tenir en assumant une identité forte et un modèle mixte, huit séances sur dix ouvertes au public et le reste en privatisation. C’est la façon dont l’atelier aborde la rénovation d’un cinéma : un projet d’identité mené de bout en bout, du hall au fauteuil, de l’acoustique à la salle privatisable. À l’heure où les petites salles ferment, l’Élysées Lincoln propose un cadre reproductible, et l’atelier accompagne les exploitants qui veulent s’y essayer.